EDWARD S. CURTIS / JERÔME BRÉZILLON
Indiens

Un siècle après le très célèbre Edward Curtis, Jérôme Brézillon est parti lui aussi à la recherche des indiens d’Amérique du nord. Du noir et blanc de Curtis à la couleur de Brézillon c’est un pan de l‘histoire qui défile, les associer dans une même exposition c’est affirmer la permanence d’un style documentaire en photographie.


EDWARD S. CURTIS

Library Of Congres / United States of America (USA)

Né dans le Wisconsin en 1868, Edward Curtis est connu dans le monde entier comme « le photographe » des indiens d’Amérique du Nord. Dès 1904, Curtis a imaginé documenter toutes les tribus indiennes autochtones à l’ouest du Mississippi, pensant qu’elles allaient très vite être absorbées par la culture dominante des blancs et disparaître. Il entreprit son grand œuvre, « the North Américan Indians » un ensemble documentaire de vingt volumes qui ne sera finalement achevé qu’en 1930. Curtis mourra dans un quasi anonymat en octobre 1952 dans la maison de sa fille Beth à Los Angeles.

Né en 1868 dans le Wisconsin, Edward Sheriff Curtis a été le plus grand anthropologue social des Amérindiens d'Amérique du Nord. Ainsi, de manière non exhaustive, il a entrepris l'inventaire photographique de 80 tribus amérindiennes existantes. Cette population indienne qui était estimée à plus d'un million d'individus au XVIIIe siècle, avait chuté aux alentours de 40 000 lorsqu'il débuta son projet. On estime que Curtis traversa les États-Unis environ 125 fois en rendant visite à quatre-vingts tribus. Quelques quarante mille clichés furent pris pendant les trente ans que dura son enquête. Il utilisa également l’appareil à cylindre de cire enregistreur d'Edison qui lui permit d'étudier soixante-quinze langues et dialectes et d'enregistrer dix mille chants. Une partie de son travail fut publié dans une somme en vingt volumes intitulée The North American Indians, comprenant 2 500 photographies, 4 000 pages de textes, alors qu'au total, Curtis réalisa près de 50 000 prises de vue. Dans ce travail d'une vie, Edward S. Curtis a mis au service de la science ses dons d'artiste, ce qui confère à son œuvre non seulement des qualités

JERÔME BRÉZILLON

Galerie Sit Down / France (FR)

Jérôme Brézillon, décédé en 2012, avait une préférence parmi tous les pays qu’il avait visité pendant sa carrière de photographe : les Etats-Unis. « Pas étonnant que sur ce territoire nord américain, fondamentalement spolié, Jérôme Brézillon, ami des cabossés, se soit rapproché des Indiens sioux dans la réserve de Pine Ridge (sud Dakota). Seulement des portraits en pied de femmes et d’hommes qui fixent l’objectif avec sérénité, ultimes preuves gênantes du génocide blanc. Et en contrepoint, toujours à Pine Ridge, l’immensité déserte d’une prairie au-dessus de laquelle, tel l’esprit du dernier des grands manitous, flotte un nuage blanc. »

www.jeromebrezillon.com

Né à Paris en 1964, Jérôme Brézillon commence sa carrière en tant que photographe publicitaire, puis devient photoreporter. De 1992 à 1998, il couvre plusieurs conflits armés notamment à Sarajevo, Chypre ou encore en Irlande du Nord. En 1996, il est lauréat du prix World Press Photo. En 2000, il collabore avec la réalisatrice finlandaise Solveig Anspach pour le documentaire intitulé Made in USA, sur la peine de mort aux Etats-Unis dans le pénitencier d’Oklahoma. Ensuite, il réalise plusieurs reportages toujours aux Etats-Unis, notamment sur Bruce Springsteen et sur la tribu autochtone des Lakotas dans la réserve de Pine Ridge. Durant sa carrière, il a travaillé pour de nombreux magazines ou journaux français, tels que Libération, Les Inrockuptibles, L’Express, Télérama ou encore GEO. Il est également le cofondateur du site Revue.com.