- THEMA FRONTIÈRE(S) -

PAYRAM
Sur les traces
de Paul Nadar

Galeries Maubert / France - Iran (FR-IR)
13 > 31 05.2015 BOULODROME

C’est sa grande culture photographique qui a donné à Payram l’envie de se tourner vers le Tadjikistan. C’est dans cette région que Paul Nadar, le fils de Félix, fit un long voyage à la fin du XIXe siècle. Il sillonna ces contrées difficiles d’accès dans un but bien précis : tester le Kodak n°2 et les bobines de film Eastman correspondantes. Nadar était un précurseur. Payram s’inspire de son esprit de découverte pour s’engager sur les chemins du Tadjikistan, puis sur ceux de l’Ouzbékistan et du Turkménistan, et il le fait quand on en arrive aux dernières pages du grand livre de la photo ouvert par Nadar.

Avec un geste qui ne manque pas de panache, Payram avance sur les traces du grand ancêtre à un moment où le choix de l’argentique ressemble à un acte de résistance. Les films 20x25 et la lourde chambre qui permet de les mettre en oeuvre paraissent dorénavant condamnés à rejoindre le musée.

Mais au final, Payram ne trompe personne, c’est l’Iran, le pays de ses origines où il ne peut retourner, qu’il tente de nous montrer, c’est de la douleur de l’exil qu’il nous parle…

www.galeriemaubert.com/artistes/payram

Payram est né à Téhéran en 1959. Depuis 1983, il a quitté son pays natal, l'Iran, et vit en France. Il travaille comme tireur chez Picto Bastille, un des plus grands laboratoires français spécialistes du traitement de l'image photo. « Je suis Iranien. Né en Iran. Je suis photographe. Tireur. Exilé. Je suis toujours exilé. J’ai été contraint, en 1983, de quitter définitivement l’Iran. J’ai alors arrêté d’écrire pour me consacrer à la photographie. 20 ans plus tard, j’ai été abasourdi de retrouver en Syrie l’image que je me faisais de l’Iran, de mes grands-parents... J’ai reçu ce paysage comme un cadeau d’une autre époque. C’était comme entrer dans un rêve d’enfant fiévreux. Comme un brouillard qui se dissipe. Comme un rêve qui prend chair sur les traces d’un paradis perdu.