Marylise Vigneau

ARTICLE 19

(France) ANZENBERGER

© Marylise Vigneau / Anzenberger

L'article 19 de la Constitution de la République Islamique du Pakistan dit :  « Liberté de parole : Tout citoyen a droit à la liberté de parole et d'opinion, parallèlement à la liberté de la presse, sous la seule réserve de restrictions raisonnables établies par la loi et ayant pour objet : le développement et la gloire de l'Islam; l'intégrité, la défense et la sécurité du pays ou de toutes ses composantes; la préservation de relations amicales avec les États étrangers, de l'ordre public, de la décence et de la moralité; ainsi que la prévention de tout outrage aux tribunaux, délit ou incitation à commettre un délit. »

Au Pakistan ces restrictions « raisonnables » sont utilisées contre les minorités, les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme, les athées, les homosexuels, etc. Elles sont interprétées comme une liberté de mépriser et de discriminer des croyances, des perceptions, des sexualités ou des opinions différentes et produisent de facto des parias. Le statu quo, les alliances régnantes et la soi-disant décence érigent un mur autour de ces parias fabriqués et les réduisent au silence. Ces dernières années, l'application des lois sur le blasphème et la diffamation au Pakistan demeure une préoccupation majeure, aggravée par de nouvelles lois visant à étendre les contrôles et à restreindre la liberté d'expression en ligne. Assassinats et attaques contre des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme sont endémiques et se caractérisent par une impunité persistante.

Cette série photographique est constituée de portraits de personnes vivant à Lahore et dont la façon de penser, de vivre et d'aimer se heurte frontalement au roman national. Des gens dont la vie est un combat parce qu'ils doivent dissimuler ce qu’ils sont sous peine de mort sociale ou même, parfois, de mort physique. Et qui oscillent constamment entre espoir et désespérance.

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ANCIEN COLLÈGE VICTOR HUGO
du 20 mai au 7 juin
VERNISSAGE
Vendredi 22 mai à 17h

+ LA PHOTOGRAPHE

Marylise Vigneau a grandi à Paris dans une famille conservatrice et a très tôt rêvé d’échappées belles, d’ombres portées et de théâtres plus ardents. Elle a étudié la “Littérature Comparée” à la Sorbonne et sa thèse portait sur la ville comme personnage principal dans les romans russes et d’Europe centrale. Son éducation fut essentiellement littéraire mais la photographie est peu à peu devenue son langage. Elle documente l’espace urbain et ses métamorphoses dues au temps et à ce qu’il est convenu de nommer “développement”. Elle s’intéresse à la notion de frontières aussi bien physiques que mentales et aux manières dont celles-ci affectent les libertés.

www.marylisevigneau.com