– LE RESERVOIR –
du 29 mai au 30 juin
Vernissage le samedi 1er juin à 18h

GARDEN OF DELIGHT

NICK HANNES



© Nick Hannes

 
Nick Hannes s’est rendu à Dubaï à cinq reprises entre 2016 et 2018 pour tester les réserves et préjugés qu’il avait à l’égard de cette ville.

© Nick Hannes

Il est très vite devenu évident que Dubaï représentait une forme extrême des sujets qu’il abordait depuis des années. La ville est un cas d’étude sur l’urbanisation effrénée et axée sur le marché ; l’ultime terrain de jeux de la mondialisation et du capitalisme sans limites ni éthique ; ou, pour le dire autrement, Dubaï est un hall de divertissement incontrôlable, méticuleusement étudié pour servir le consumérisme débridé.

Les photographies de Nick Hannes fonctionnent comme un couteau acéré qui use de l’humour et de l’ironie pour dénoncer cette Metropolis du futur. Ce qu’il en reste, selon les termes de l’architecte allemande Rem Koolhaas, est une « ville générique », sans histoire, sans personnalité ni identité ; une ville « indifférente à l’égard de ses habitants ». Pour Hannes, il s’agit d’un endroit où « les activités de l’humain sont réduites à leur valeur économique ».

Le peintre néerlandais Hieronymous Bosch a peint son emblématique triptyque "Garden of Earthly Delight" (Le Jardin des délices) il y a plus de 500 ans. Le panneau central représente un faux paradis, juste avant la chute (cf La Bible). C’est une image dystopique à laquelle Hannes, de sa position extérieure, aime faire référence. Il révèle Dubaï comme un Theatrum Mundi, parfois consterné, parfois stupéfait, mais toujours avec le désir de comprendre. Un modèle comme Dubaï est-il économiquement et socialement viable – ou vivons nous encore, 500 ans après Bosch, dans le même théâtre du monde de mauvaise augure ?


Joachim Naudts
Photos © Nick Hannes


LE PHOTOGRAPHE
Nick Hannes, né à Anvers en 1974, est diplômé de l’Académie Royale des Beaux-Arts (KASK) de Gand. Après avoir travaillé comme photojournaliste pendant 8 ans, il a pris la décision de se concentrer sur ses propres projets documentaires « socio-politiques ». Nick a publié trois livres. "Red Journey" (2009) traite de la phase transitoire de la société post-communiste dans l’ex-URSS. "Méditerranée, la continuité de l’homme" (2014) met l’accent sur plusieurs questions contemporaines telles que le tourisme de masse, l’urbanisation, les migrations et les crises de cultures diverses dans la région Méditerranéenne. Avec son dernier livre "Garden of Delight" (2018), il a remporté le Magnum Photography Award en 2017 et le Zeiss Photographie Award en 2018. Nick Hannes est professeur de photographie au KASK depuis 2008.

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